Quand le marché chute de 15 % ou 20 %, le réflexe de la plupart des gens est de vendre. Le mien est l'inverse : je regarde combien d'argent supplémentaire je peux investir.
Ce n'est ni du courage ni un talent particulier pour deviner les points bas. C'est de l'arithmétique. Quand vous achetez moins cher, votre prix de revient moyen baisse, ce qui signifie qu'il faut moins de hausse pour redevenir positif.
Qu'est-ce que le prix moyen, et pourquoi c'est important
Votre prix moyen d'achat, c'est simplement combien vous a coûté en moyenne chaque action ou part que vous détenez, en tenant compte de tous vos achats dans le temps. Si vous avez acheté à 100, puis à 80, puis à 75, votre prix moyen n'est pas 85 (la moyenne simple), mais un chiffre pondéré selon le montant investi à chaque achat.
C'est exactement ce qui rend utile un calculateur de prix moyen d'achat : il vous indique, avec vos chiffres réels, à partir de quel prix vous redevenez positif. Et ce chiffre est souvent plus bas qu'on ne le pense, parce que chaque achat effectué pendant une baisse pèse proportionnellement plus la part bon marché.
Mon approche : continuer d'acheter quand tout baisse
Quand j'ai commencé à investir, mon premier réflexe pendant une baisse était d'attendre : « voyons si ça baisse encore pour acheter au plus bas ». Le problème, c'est que personne ne sait où se trouve le point bas avant qu'il ne soit déjà passé.
J'ai donc changé de stratégie : un versement mensuel automatique, quoi qu'il arrive. Et si j'ai un peu d'argent en plus quand le marché est clairement moins cher qu'il y a quelques mois, je l'investis aussi.
Je n'essaie pas de viser le point bas exact. J'essaie d'acheter en moyenne moins cher que si j'avais attendu que tout se calme.
Un exemple chiffré
Imaginons un versement de 300 € par mois sur un fonds indiciel :
- Mois 1, prix à 100 : vous achetez 3 parts
- Mois 2, chute à 80 : vous achetez 3,75 parts
- Mois 3, chute encore à 70 : vous achetez 4,29 parts
Avec le même versement mensuel, vous achetez plus de parts pendant la baisse. Quand le prix revient à 100, les parts achetées à 70 et 80 génèrent déjà un gain, même si votre prix moyen global reste inférieur à 100.
C'est ce qui rend une baisse, vue sous cet angle, beaucoup moins effrayante. Vous ne perdez pas d'argent sur les achats effectués pendant cette période : vous achetez à bas prix.
Ce que je ne fais pas
Je ne vends pas mes positions existantes pour « attendre que ça baisse encore » et racheter plus tard. C'est essayer de faire du market timing, et je l'ai déjà tenté au début de mon parcours d'investisseur : ça ne fonctionne pas bien, même pour les professionnels.
Je ne mets pas non plus tout mon argent disponible d'un coup lors d'une seule baisse. Je préfère l'étaler sur plusieurs versements tant qu'elle dure, au cas où ça continue de baisser.
La baisse n'est pas l'ennemie
Si votre horizon est long (10, 20, 30 ans) et que vous continuez d'investir régulièrement, les baisses cessent d'être une menace pour devenir une opportunité d'acheter moins cher. Le prix moyen que vous obtenez pendant ces mauvais mois est souvent celui qui offre le meilleur rendement à long terme.
La prochaine fois que le marché chutera fortement, avant de paniquer, calculez ce qu'il adviendrait de votre prix moyen si vous continuez à investir. Vous pourriez être surpris de la rapidité avec laquelle votre position se redresse quand le marché repart à la hausse.